samedi 24 mars 2018

Rire de la vie, avec la vie, pour la vie !

S'il était facile de définir la vie, c'est depuis l'angle mort de la mort que nous aurions su l'apprécier, car subtile. La vie est ce sur quoi les pères de différentes écoles de pensées ont tant spéculé. Elle aura été toute leur passion, car sans elle, quel concept aurait pu être établi ? Tout part de la vie, tout est dans la vie et tout se reçoit par la vie. Cependant, la vie n'est pas si facile à appréhender, à saisir, à comprendre. C'est pour cette raison que chacun ira de sa définition sur la question.
  Avoir compris quelque chose de la vie rend heureux et ce bonheur,"Fin parfaite et souverain Bien", fruit d'illumination ne saurait être ternis par les impondérables existentiels, tant la vie les aura déjà bien assimilé. Ainsi, le philosophe sera toujours serein, joyeux et flegmatique à jamais; puis que le philosophe n'est pas un titre à revendiquer mais un état d'Etre à prouver, par ses œuvres, à travers le témoignage harmonieux et unifié de son Etre: Constance-Cohérence aux principes adoptés.
  Ceux qui se sont approché de son acception en déduise qu'elle serait le souverain bien dont il faudrait user avec modération. Elle ne sera jamais absence de troubles ni morales ni physiques car celles-ci la constituent. Ainsi Sextus Empircus s'exclama: "Homo suum, nihil alienum mea puto" (Homme je suis et rien de ce qui est humain ne m'est étranger).
  Tout Homme exercé au jugement et au discernement ne peut que rire de le vie, non qu'elle soit drôle, mais parce qu'en ayant saisit le sens, plus rien ne déstabiliserait sa quiétude, sa paix intérieure désormais affranchis des soubresauts extérieurs.
  Le ridicule et l'absurde loin d'être méprisés donnent à rire à la sagesse qui sait les composantes de tous les mots. La compréhension de la vie seule permet de rire avec la vie dans sa complexité globale.
  Lorsqu'on a compris la vie, on peut en rire vraiment, si on est en situation d'équilibre psychique, puis que la vie révélée aura livré ses mystères ! On ne s'offusque que de ce qui nous embarrasse, de ce qui nous est étranger; voilà pourquoi" Philosophus semper est laetus" (le philosophe est toujours joyeux). Cette joie que Spinoza définit en tant que "passage de l'Homme d'une moindre à une plus grande perfection" (Cf. Ethique, 3e partie, définitions 2. in Œuvres de Spinoza, t.3, p.197, éd. Garnier-Flamarion).
  Il n'y a plus qu'à prendre des fermes résolutions pour demeurer joyeux à tout jamais !

                                            THAUKO.COM Un monde Juste-Humain !

samedi 17 mars 2018

"Ni wuuna kua wu ta ta, plutôt wu ba wuna we na meso" ?


« Wuuna kua wu ta ta ! » Radicalisation ou déterminisme éthique Koongo ?

Tout groupe d’êtres vivants, végétaux et animaux disposent des codes spécifiques pour communiquer et entretenir la cohésion ou la survie du groupe. Chez les Bantu, chaque ethnie composant la mosaïque de ce grand peuple, ses différents groupes ont leurs incantations, leurs rites, leur langage, leurs us et coutumes qui les distinguent les uns les autres, tout en gardant aussi les valeurs spécifiques qui les distinguent d’autres peuples.
    Ainsi, les Koongo et particulièrement les Ladi et les Sundi firent de certains slogans ou des maximes de sagesse populaire, des codes qui renforçaient en eux la notion de la résistance pour lutter contre les antivaleurs au sein de leurs communautés, mais surtout en cas d’agression extérieure afin de demeurer intègres et unis. Tout comme les légendaires Samouraï du Japon (XI et XIIe s) qui firent du sens de l’honneur le leitmotiv de leur raison d’Etre : « Mieux vaut la mort que le déshonneur », leur fidélité à la loyauté fut la norme de leur existence. Les « Ngu-Nza » de Koongo dia Ntotela (les porteurs de lumières), formés et aguerris à travers le kimpasi ou le lemba se devaient d’être probes et fidèles à certains principes dont la loyauté aux ancêtres, le respect de la parole donnée, etc. Bref. « Buzitu bua nkieno » (ce qui est dévolu, la terre promise (kie no) qui ne peut être héritée que grâce à la conformité aux principes majeurs du lemba : « Buzitu bua nkieno mia Nza (cosmos) + Buzitu bua nkieno mia ba mbuta (ancêtres) + Buzitu bua nkieno mia hata (société). Ce fil harmonique qui consolide l’humanité du Bukoongo bueto (l’humanisme koongo = Kimuuntu) se décline concrètement en : Mbelolo+Ntsalulu+Ndiatulu (comportements sociaux+dialogues des œuvres = témoignage cohérent de vie). C’est la constance dans la praxis (application quotidienne de ces principes) qui va constituer ce code verbal inoubliable (mot de passe) de se souvenir de ce qui fut promis depuis le commencement des luttes, « chose ancestrale, objet étrange » (dirait l’autre) qui permit aux anciens (Nkaaka) résistants de faire face à l’oppresseur et de lui tenir tête, ne jamais courber l’échine, ne jamais trahir leurs idéaux. Cette cohérence constante fut ainsi désignée par ce slogan, hélas usurpé et galvaudé de nos jours  émettant des dissonances gognitives : « Wuuna kua wu ta ta ! »
   « Wuuna kua wu ta ta ! » entendu concomitamment comme défiance et affirmation. Défiance, dans le sens de braver l’adversité avec détermination (Tout ce que tu veux dire, dis-le ! En sachant que ce qui doit être dit doit être fait = Ta wa yidika). Affirmation, car ce qui est dit doit demeurer dans la constante cohérence qui devient un déterminisme éthique koongo plus qu’autre chose de fantaisiste et de merveilleux pour noyer le poisson ou abrutir les masses acquises aux coups bas.
   Le « Wuuna kua wu ta ta ! » est un principe de probité, donc éthique, outil de résistance aux antivaleurs de traitrise et contre la médiocrité, pour demeurer fidèle et vaincre l’oppresseur, parfaire le travail du développement humain intégral, renforcer la culture des liens pacifiques inter communautaire, poursuivre inlassablement le travail de la construction communautaire, refuser catégoriquement l’assimilation culturelle, la perte d’identité… (Wa dia fua, yika dio). Cri de lutte et non cri de guerre, car le peuple Koongo est un peuple travailleur et pacificateur (à travers ses leembe).
   Si le Samouraï avait le sabre (Tachi), la wakizashi (katana), le tanto, etc, pour vaincre l’ennemi, le Ngu-Nza comptait sur la puissance du verbe (Ta) et sur sa probité morale qui constitue son « retour sur investissement » auprès des ancêtres et sur Ta-Ma Mpu-Ngu dont il respectait les « nkieno » pour lui assurer la victoire et la fécondité de ses œuvres, car « Kisadi ni ki die » ! (Le serviteur bon et fidèle reçoit toujours sa digne récompense). La cohérence de sa parole à ses actes lui retournait la victoire, la bénédiction, comme bénéfice à sa lutte déterminée pour une cause noble de justice sociale collective. Se sachant en sécurité entre les mains des invaincus : absents-présents et invulnérables (Ses ancêtres et Ta-Ma Mpu-Ngu), il entrait farouchement en résistance sans sourcilier contre l’oppresseur. Les héros dont nous vénérons la mémoire comme Ta Mbiemo, Ma Ngunga, Ta Mundongo, les martyrs de Trois francs  et de tant d’autres résistants n’y sont arrivé que par l’attachement à ce principe sacralisé de « Wuuna kua wu ta ta !).  le Cardinal Biayenda accepta le sacrifice suprême plutôt que de sauver sa vie en livrant son église et le peuple de Dieu qui lui fut confié (Il l’avait dit, il l’a fait !) : Ne jamais ni trahir ni se trahir (se compromettre ou se laisser corrompre), se sacrifier plutôt que de sacrifier autrui ; tandis que les usurpateurs de ce slogan vantent le sang des martyrs en sauvant leur peau, en préservant leur progéniture tout en livrant les enfants des autres aux massacres inutiles. wuna kua, Il manque le (Ta)2.
   Si le « Wuuna kua wu ta ta » n’était plus que « Wuna kua ba ta wuna « ? C’est ce qui paraît à priori, en observant l’usage galvaudé et vulgaire  de ce principe sacré et éthique de probité morale et d’honnêteté politique, entrainant ipso facto des jeunes aux incivilités, en leur faisant croire qu’ils seraient dans la logique de leurs ancêtres et des héros qui délivrèrent le pays des mains de ses oppresseurs. Mysticisme et démagogie ! « Wuna kua ba ta lu wuna, ka wuuna ko wu ba ta ! (Ba mbuta) ». Le « Wuuna kua wu ta ta ! » est aussi respect de la parole dite (Ta) par l’homme (Ta), diminutif du père (ta de taata). C’est l’approbation de la parole qui procède du la paternité, une sorte de credo incitateur, qui tonifie et rend vigoureux. Nous nous situons ici dans une société où la parole du père fut sacrée, car probe lui-même et digne de confiance.
  Vidé de son essence, le « Wuuna kua wu ta ta » devient un slogan creux, ridicule, dévastateur, servant à faire faire du zèle aux fanatiques pour promouvoir la radicalisation dans les broutilles et la buzoberie en puissance. On ne peut pas tromper indéfiniment sans se ressaisir, bon sang ! On ne devrait plus se laisser éblouir par des sornettes qui font des koongo un peuple risible, comme si « Wuuna kua wu ta ta ! » se résumerait à s’entêter de marcher sur les chemins scabreux qui mènent à l’autodestruction (lufuuku). « Ntsimu ni mayela », comme le dirait Saint Augustin dans son livre X des confessions : « la mémoire est l’estomac de l’âme » et l’âme Koongo se nourrie de « la mémoire cosmique de ses aïeux » (dixit Maître Rudy MBEMBA –Dia-BÔ BENAZO MBANZULU, père du muntuisme).
   Lorsqu’un code est usurpé, il faut en reprogrammer un autre sur les bases de ses fondamentaux. « Les diables-noirs », les marchés Total, Bourreau et Commission nous ont trop habitués à des devises incongrues et vulgaires qu’il nous incombe à réhabiliter le sens de l’honneur et la restauration du Kimuuntu à travers les véhicules d’autres codes que ceux, désuets et avilis par des usurpateurs et des saboteurs du patrimoine immatériel Koongo qui tronquent l’illustre mémoire des anciens. Avec le numérique et les générations ITEC, il nous appartient d’initier des moyens efficients de vulgarisation, plutôt que  la vulgarité et les bassesses qui prolifèrent à travers les réseaux sociaux, à travers des balivernes insoutenables. Les enjeux sont considérables aux « Ngu-Nza » du XXI e siècle et aux « Leembe » de contribuer à la levée de ce matin d’or tant recherché et tant attendu, car les « Ngu-Nza » sont des témoins de l’aurore  et non de l’horreur !
   Que nous reste t-il de ce qui fit autrefois la fierté et la dignité d’un peuple mythique ? « Ni wuna kua, Wu ba wuna, we na meso » ?
     Puisse cette crise lugubre qui ne fait que trop durer dans la nuit noire, nous inspirer et nous servir de terreau propice à la restauration ?
                                                                 THAUKO.COM, Un Monde Juste-Humain !

dimanche 11 mars 2018

De la pertinence analytique du Père du "Muntuisme". A tout Seigneur tout honneur et que nos oeuvre en témoignent !


LE LANCE-PIERRE COMME SYMBOLIQUE DE CERTAINES VALEURS HUMAINES CHEZ LES KOÔNGO

En 2015, Theodulos Auguste KOUNKOU KUE, le philosophe de « Mbaanza Koôngo », c’est-à-dire, le défenseur de la cause humaine qui tend à promouvoir l’épanouissement de l’être ou du muuntu dans tous les aspects de son existence, a publié en autoédition, « Kintuadi-Mayela ! L’unité dans le respect de l’Altérité ».

Un ouvrage fort remarquable dans lequel, l’auteur met en lumière certains aspects existentiels qui aboutissent au « vouloir vivre ensemble » par l’adoption d’un comportement raisonnablement altruiste.

A dire vrai, pour Theodulos Auguste KOUNKOU KUE, pour bien vivre ensemble, l’être doit être intelligent, c’est-à-dire, il faut qu’il soit doté d’un certain nombre d’aptitudes intelligibles qui lui permettent d’accéder raisonnablement dans l’univers de l’altérité, celui du respect de l’autre et de sa raison d’être.

Le vouloir vivre ensemble est, peut-on dire, chez Theodulos KOUNKOU KUE l’aboutissement de l’être qui, par le jeu de l’intelligence, accède dans l’univers de la maturité que les Koongo désignent par expressions kula, yela, etc.
Cela est d’autant plus juste que d’après, l’auteur lui-même :

« Kintuadi-Mayela » se définit comme construction subtile pour bien vivre ensemble, l’unité dans le respect de l’altérité ; Mayela signifiant en Koongo la science qui s’obtient à force de persévérance, afin de murir (grandir) au milieu des autres : Ma = don (donner), yeela = essayer ou encore yela = murir avec l’apport des autres pour être soi-même. Chez les koongo, l’intelligence ne concède pas l’apanage du savoir, mais l’accès à la connaissance : Mayela, yela, yédisa, ou yelesa ; processus qui n’atteindra son paroxysme que dans la conceptualisation d’un objet palpable « kima » (ce qui se donne ou susceptible d’être légué ou transmis comme héritage, autrement « Fua », l’objet qui traverse la mort. Cet objet se mange, pour qu’il se perpétue au fil des âges, car au fond de nous, « fua » (mourir » demeure la vie à jamais et le koongo ne meurt jamais en principe, à moins que sa mémoire soit à jamais bannie de sa communauté. » Theodulos KOUNKOU KUE in Kintuadi-Mayela ! L’unité dans le respect de l’altérité, Autoédition 2015. P.28.

Le philosophe de « Mbaanza Koongo », Theodulos KOUNKOU KUE se réfère beaucoup à l’imaginaire pour mieux faire passer son message et il va se servir du lance-pierre comme élément symbolique de la culture koongo qui repose sur la manche (suku ou taku : ta = dire et ku indiquant la destination, comme élément constituant et porteur, à l’instar des fesses qui portent la même appellation en koongo : taku dia mti (le tronc de l’arbre), dit mataku au pluriel (les fesses). Cette forme de lance-pierre comprenant la manche (kisimbulu) ou socle avec les deux bretelles (ma hala autrement dit « tiens et taille » ! Comme carrefour d’une part : le village (hata) qui abrite la vie des individus ainsi que leurs biens et d’autre part : le « Mbongi », point névralgique du village abrité par une sorte de modeste hangar.T.K.K. in Kintuadi-Mayela P.166.

Outil de chasse et de cueillette, Theodulos KOUNKOU KUE voit dans le lance-pierre, une sorte d’allégorie de l’économie durable qui ramenait au village de la nourriture sans détruire l’environnement où l’homme allait cueillir et chasser…

Au final, d’après le philosophe infatigable de la cause de « Bukoongo », « Le muuntu a besoin indissociablement de l’autre (différent mais complémentaire) pour atteindre son but ou le bien commun, représenté par la languette de cuire qui tient les deux bouts du flexible (caoutchouc), symbolisant l’alliance indéfectible, pour bâtir ensemble de façon durable solidairement ; d’où le proverbe : « bole bantu ; bukaka msongo », ce qui veut dire qu’à deux on est pleinement humain, mais si d’aventure on plaçait des barrières (kaka = kikaku ou bikaku) autour de soi, en s’isolant, on finirait en dépression) ; autrement dit : on ne peut se prévaloir être quelqu’un que si on entretenait une communion avec l’altérité, l’isolement par contre est générateur de maux. » T.K.K. in Kintuadi-Mayela P.169.

TAATA NDUENGA