vendredi 27 octobre 2017

Le Leemba et la transformation de l'Etre ou du Muuntu : Une majestueuse contribution de Taata Nduenga, présentée par THAUKO.COM


A une époque où les replis identitaires refont surface plus que jamais, à cause de l'égocentrisme des uns repoussant les autres dans leur retranchement, subissant  frustrations et humiliations  à cause de l'exclusion de ces derniers, renforçant en eux le sentiment de marginalisation... chacun se braque, se détournant d'un avenir commun illisible où le flou s'est emparé de toute perspective de l'épanouissement du Muuntu. Alors, on tourne le dos à l'avenir, saisissant les " kaléidoscopes" du passé, on tente désespérément de "zoomer" sur quoi s'accrocher dans un monde où la montée fulgurante des égoïsmes ravale l'espérance; comme l'illustrent si bien les propos du professeur Henri CANAL, à travers sa préface de l'édifiant ouvrage de l'éminent koongologue maître Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu, intitulé: "Le Lemba ou l'ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba", page n°7: " Le sens de chaque futur, des individus ou des sociétés, en effet, est à prendre dans les traditions les plus lointaines, trop souvent ignorées ou méprisées par goût d'un prestige uniquement superficiel, artificiel, creux." (cf. éditions des écrivains).
   C'est ainsi que bien des gens de ma génération ont fait le choix d'un retour légitime au passé "Kikulu". Hélas, beaucoup s'y égarent dans l'interprétation mystique d'un passé fantastique avec leurs fantasmes d'illuminés ! Fabriquant ainsi des gourous et des vendeurs de mirages qui leur fait miroiter des miracles à tout bout de champ, loin de la connaissances des fondamentaux, parmi lesquels: Luzabu na buzitu bua  kieno ou nsieno (ce qui vous appartient et ce à quoi vous êtes tenu à obéïr, la Maama Ntoto, Ma Kisansi. Cette imprégnation normative donne ainsi la possession de la terre et tout ce qu'elle contient), comme le précise Celui qui a dit: "Heureux les "leembe" (les doux), car ils possèderont de la terre". Les lois du Leemba font partie des lois cosmiques, comme énoncé dans la béatitude citées ci-dessus. Car "Les préoccupations fondamentales de tous les humains, de tous les êtres pensants de la lumière de toutes les époques et de tous les temps se trouvent au fond des initiations et au fond des psychanalyses, des hiérophanies et des psychosomatiques. Notre planète, en particulier, ne sera sauvée par l'illusion, le baratin politique, le gaspillage, les mensonges ou les distractions." (cf. Le Leemba ou l'ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba, p. 9). Le Leemba considéré comme un mystère "mia ku leemba ka mi tewo ko" est exploité à dessein par des gens sans vergogne qui profitent de l'ignorance des autres, pour s'affirmer en être maître et qui, au lieu de façonner l'Humain à la sublimation et à l'excellence l’entraîne dans des marécages boueux et nauséabonds d'une interprétation biaisé de ce qu'est cette illustre école initiatique de l'homme accompli, de la personne sublimée tendant à sa divinisation (bunzambi), c'est pour cela que les anciens disaient sans doute: "bu wena na taata haanda lemba"! car tout serait désormais soumis au "leembe", tant son rapport au cosmos, aux ancêtres et à la société ne souffrirait d'aucune faille. "C'est ici que, le Leemba, à l'instar de Koôngo dya Kimpassi, sert d'instrument d'éducation, de formation et donc de socialisation de l'être ou du Muuntu. Le Leemba est, entre autres, la voie du salut, celle qui permet d'ordonner en tous points de vue l'être ou le muuntu notamment dans sa dimension expressive. Le Leembe ou l'initié de Leemba est travailleur et, à ce propos, son langage doit être ordonné, clairement explicatif, organisationnel et constructif. Ainsi, initié de Kimpasi ou de Leemba, le roi du Koongo est détenteur de Zuu ou langage (se distinguant nettement de la parole ou ndinga) avec lequel il parvient à comprendre, saisir et traduire les mystères du Nza ou de l'univers pour son bien-être et celui de son royaume." (cf. Idem, p.19).
   Laissons la paroles à taata Ndwenga qui vient nous édifier à travers ce sujet choisi pour éclairer notre lanterne sur Le Leemba:                                                                                                                       LE LEEMBA ET LA TRANSFORMATION DE L’ÊTRE OU DU MUUNTU


LE LEEMBA est une école, une des plus anciennes écoles de formation de l’Etre chez les Koôngo. C’est une haute institution directement héritée des pères fondateurs de Koôngo Dya Ntootela.

Autrefois, chez les Koôngo l’éducation des enfants quel que soit leur sexe incombait, à la mère jusqu’à l’âge de cinq (5) ans. Dès l’âge de cinq ans intervenait un système éducationnel tenant compte du sexe des enfants. Autrement dit, à la cinquième année, s’opèrait une sorte de “séparation” tendant en un suivi éducatif du jeune garçon par les hommes autour du Mboongi et celui de la fille par les femmes.

Si le Mboongi est, sans doute une institution fondamentale d’éducation et de formation du jeune garcon, le LEEMBA, apparaît pour lui comme une espérance sociale  d’accession à une vie d’adulte plus structurée.

C’est ainsi que le LEEMBA est définie comme une haute institution d’initiation de l’Etre ou du MUUNTU, c’est-à-dire une école de formation et de transmission des savoirs et connaissances qui tendent à peaufiner l’être en le rendant plus humain et plus social, en garantissant l’ordre public qui passe par une gestion saine et responsable de son ménage et par le respect de tous les principes qui contribuent au maintien de l’intégrité socio-environnementale.

Le LEEMBA a, entre autres, pour mission “MU-LEEMBIKA MUUNTU MU MBELOLO ZANDI”, c’est-à-dire, de discipliner l’être ou le MUUNTU dans tous les aspects de son existence.

Le LEEMBE doit constamment tendre en la pacification de tout son Etre, de sa vie de celle des autres et du milieu socio-environnemental dans lequel, il évolue.

A dire vrai, le mot LEEMBA, tirerait sa racine du verbe LAAMBA, lequel verbe exprime toute idée de preparation, d’adoucissement, d’entretien et ce, dans le but de rendre l’existence ou quelque chose plus agréable, plus humain voire plus social.

C’est dans cette optique que, par exemple, l’expression, “LEEMBIKA NTIMANI” traduit l’espérance de l’être  amoureux qui sur le plan affectif est, en quête d’une paix sentimentale qui ne peut être effective que, si l’être aimé s’accorde à ses désirs.

Au sein de l’ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba, le MUUNTU aspire aux idéaux les plus humains qui soient et ceux-ci le conduisent à l’acceptation et au respect de trois lois fondamentales qui sont de dimension universelle à savoir:

1.     TSIENO WA SA-MBILA NZAMBI MPUNGU ou la loi d’adoration et de reconnaissance du Dieu créateur NZAMBI MPUNGU.
2.     TSIENO WA MBELOLO MU NZA YA MBOTE ou la loi du respect des principes de l’équilibre cosmique.
3.     TSIENO WA BELOLO ZA MAKANDA ou la loi du respect des principes de l’équilibre familial et social.


En vertu des dispositions de ces trois lois fondamentales, le LEEMBE, c’est-à-dire, l’adepte du LEEMBA croit en la justice immanente qui intervient en cas de violation du milieu socio-environnemental car elle est génératrice de Malheur.

Le Bonheur est donc pour le LEEMBE un état d’esprit, une manière d’être et de vivre qui ne se conçoit que par le respect des lois qui régissent l’Humanité telle qu’elle a été voulue, pensée par son Dieu créateur NZAMBI MPUNGU.

En somme, l’ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba fut, chez les Koôngo un des instruments du renforcement du sentiment national et de paix en le concevant comme une sorte de jardin qu’il convenait de cultiver sans cesse. Soit l’affirmation d’un mieux-être, du vouloir vivre ensemble en privilégiant la culture et la pérennisation d’une certaine intégrité socio-humaine de l’être ou du MUUNTU. [ Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-Mbanzulu in “ Le Leemba ou l’ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba” Société des écrivains 2015 P.16 ]
  
TAATA N’DWENGA

       Nous vous recommandons de vous procurer cet ouvrage aux éditions "La société des écrivains" ou en vous adressant à nzenga.kongo@gmail.com   
   
"Le but des écoles de mystères ou d'initiation, chez les Koongo, est le renforcement ou l'approfondissement dans la connaissance de l'être tant dans sa constitution physiologique que dans sa formation intellectuelle. Les écoles comme le kimpasi ou le Lemba aspirent à la formation de l'être intégral ou du muuntu renforcé par ce qu'il se retrouve à mi-chemin dans ses savoirs et connaissances entre le monde visible et invisible. C'est à juste titre que l'historien Dominique Ngoïe Ngala, rapporté par Jean de Dieu Nsonde définit le Leemeba comme une organisation ésotérique, institut supérieur des sciences morales et religieuses tout court: biologie, médecine, histoire,géographie,droit,astrologie,spécifiquement Koongo." (cf. Le Leemba ou l'ordre initiatique de Koôngo Dya Leemba?, p. 64). THAUKO.COM à votre service ! 














    

         

4 commentaires:

  1. merci taata kounkou pour nous edifier a tout temps

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  2. j'aimerai avoir ce livre de ba taata rudy mbemba sur le leemba car c'est dans cette ecole de lemba que j'avais ecris la source de cette brochure que j'avais intituler la grande loge de nlemba, bref, parceque c'est dans l'ecole de lemba qu'on initier nos ancetres pour de venir maitre et honnete donc ti muntu, c'est par que j'ai tiré le titre de mon prochain roman qui sera edité par mon ainé ba taata kounkou dia theodulos matondo mbuta muntu.

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  3. votre blog nous edifie beaucoup c'est une ecole pour nous

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  4. matondo mais il y a toujours des pretres leemba au congo ? il est tres bon de les connaitres à l'exception de quelques arnaqueurs qui veulent profité de la naiveté des africains se prenants pour des messie et annihilé la volonte des noirs pour les asservir la preuve la proffusion des soit disant detenteurs de la tradition congo par le ngunza qu'ils ne connaissent et qu'il veulent enseigné aux noirs pour aliéné l'homme noir de plus en plus
    j;ai dit
    pierrelouhounou@gmail.com

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